Se projeter dans une région pauvre en emplois

(ben quoi ? ^^)

S’il y a bien une chose que j’ai comprise depuis que je suis dans cette région, c’est que l’emploi, ce n’est pas trop ça. Ce n’est pas la région la plus déserte de France, mais on en est pas loin non plus (surtout au niveau médical). C’est d’ailleurs sans doute pour ça que Pôle Emploi n’est pas non plus trop chiant en matière de flicage. Je suis loin du minimum requis en termes de candidatures tant il n’y a rien, et on ne me dit rien. Après n’étant pas au RSA, le flicage est plus léger, forcément.

Il y a des offres mais dans des secteurs inadaptés à mon handicap comme l’industrie lourde, les usines à la chaîne… et aussi des offres plus accessibles, mais dans des zones commerciales faiblement desservies et je n’ai pas de voiture. Et pour qu’un co-voiturage soit envisageable avec des collègues, encore faudrait-il passer l’étape de l’embauche : un recruteur qui voit que j’habite loin sans permis B ne va pas aller chercher bien loin et balancer mon CV dans la corbeille. Je pourrais aussi candidater à certaines offres mais elles nécessitent un ou plusieurs CACES, et comme beaucoup de boîtes d’intérim ont déjà payé le CACES à pas mal de monde, je ne suis pas prioritaire sur ces offres.

Et dans l’administratif, il y a quelques offres, mais souvent très spécifiques, et presque toujours avec de la comptabilité et/ou paye. Et elles sont trèèèèès rapidement pourvues, forcément. Je me souviens encore du salon pour l’emploi des personnes handicapées avec tous ces CV blindés d’expérience en administratif, j’ai de la concurrence très rude. Et je n’ai aucun diplôme spécifique à l’administration genre BTS CG ou BTS Gestion de la PME. Ce n’est pas ma petite expérience de 6 mois dans un service courrier qui va changer la donne à ce niveau. Certains ont plus de 10 ans d’expérience et sont au chômage.

Et à moins que mon article précédent fasse un gros bad buzz à l’enseigne qui me permettrait de récupérer le CDI promis en mars, je ne pourrai pas me faire réembaucher à Monoprix.

Du coup il me reste mon projet de BTS en alternance pour décrocher un nouveau diplôme, et de l’expérience professionnelle au passage. J’y ai beaucoup réfléchi, et je pense que le passer à distance avec le CNED ne serait pas pertinent. L’expérience professionnelle est trop importante. Depuis plusieurs années la tendance est à demander de plus en plus d’expérience pour le moindre petit poste en bas de l’échelle, alors passer un diplôme sans alternance serait suicidaire, surtout quand on sait que beaucoup de recruteurs considèrent qu’un stage ne compte pas comme expérience pro (après, certains recruteurs considèrent aussi l’apprentissage comme ne comptant pas, mais là je ne sais plus quoi faire xD).

J’envisageais le BTS Notariat pour combiner intérêt et débouchés, mais le problème c’est que si je veux être notaire et non larbin de notaire, il me faudra bien plus qu’un BTS, j’en ai pour au moins 5 ans. Et se contenter du BTS Notariat pour être assistante ou whatever ne serait pas un bon plan car les débouchés sont loin d’être bons avec ce seul diplôme. Et je ne veux pas passer plus de deux ans dans une reprise d’études. J’ai passé l’âge.

Il me reste donc le BTS CG (Compta-Gestion), ou éventuellement le BTS Gestion de la PME. Je peux le passer en un an avec le Greta, et éventuellement enchaîner sur la Licence pro comptabilité et paye histoire de bien marquer le coup. C’est envisageable, mais j’avoue que j’ai un peu peur de la montagne de travail que demanderait un BTS passé en un an au lieu de deux. Surtout en alternance. Passer d’un coup du chômage longue durée à ça… je ne suis pas sûre d’en être capable physiquement parlant. Intellectuellement parlant ça devrait aller, mais j’ai peur que mon foutu corps toujours malade quand il ne faut pas ne suive pas la cadence.

J’ai malgré tout écrit au Greta, de nouveau, avec une autre adresse mail au cas ou je me suis faite blacklister suite aux récents événements (peu probable mais on ne sait jamais), pour leur demander les dates de début de la prochaine session, qui normalement débutera en fin d’année 2021. S’ils répondent rapidement je pourrai me faire une idée de combien de temps j’ai pour me préparer, comment voir le programme en avance tant que j’ai du temps libre pour étaler le travail…

J’ai vraiment envie de faire cette formation en alternance parce que je n’ai rien d’autre, en fait. J’ai peur que la reprise d’études ne soit mon seul moyen de retrouver du travail et un semblant de vie active. Car en soi les offres d’emploi accessibles à mon handicap sont submergées de candidatures à tel point que je ne suis presque jamais recontactée, ne serait-ce que pour un entretien téléphonique.

Selon la réponse du Greta, je vais peut-être envisager de prendre une année d’avance sur le BTS avec le CNED, pour ne pas être débordée. Qui plus est, un stage sera un point positif à faire valoir auprès du Greta pour qu’ils acceptent ma candidature. En alternance, le Greta est gratuit, donc je n’aurai pas besoin de payer deux fois pour ma formation, juste une, et j’y gagnerai un stage au passage. Il faudra juste que je carbure sur la partie concernant la deuxième année de BTS. Et ensuite, parvenir à trouver une place en licence pro : par chance, un IUT de la ville fait passer cette licence en alternance. Il faudra juste espérer que ce sera toujours le cas dans deux ans. Cette période un peu troublée ne permet pas de se projeter de façon sûre.

En plus, même si on adore notre appartement dans cette ville, mon homme est à deux doigts du burn-out, entre la surcharge de travail monstrueuse qu’il accumule depuis des mois en raison du sous-effectif et le fait que le directeur ne veuille pas me reprendre alors que j’aurais dû signer un CDI fin mars. J’ai bien peur qu’il ne pète une énorme durite au travail lorsque le directeur reviendra de son congé, et du coup, ça pue pour son poste. Si mon homme doit se retrouver avec un énième type à former qui sera moins bon que moi et qui ne restera pas (non parce que la grande distribution c’est alimentaire plus qu’autre chose, c’est rare que les gens ne soient pas de passage en attendant mieux) ça va le trigger.

Et si mon homme se fait virer, on ne restera clairement pas dans cette ville qui cumule désert médical et désert niveau emplois. Si on part ailleurs, j’aurai peut-être d’autres opportunités ; mais en attendant je dois faire avec ce que j’ai ici, à savoir malheureusement pas grand chose.

En soi je vous rassure, je ne crois pas à un miracle avec cette histoire de BTS : je sais très bien que ça ne changera rien au fait que je serai en concurrence avec des nanas qui ont bien plus d’expérience que moi, ou de meilleurs CVs. Mais l’alternance m’intéresse car ça me fait un salaire, donc de l’argent, garanti pendant deux ans, l’année du BTS et l’année de la Licence Pro. Il me semble qu’à mon âge en alternance je suis censée être payée au niveau d’un SMIC normal, donc c’est toujours ça de pris, même si ça signifie un retour à la case départ après le diplôme. Au moins j’aurai plus d’offres auxquelles postuler, ce sera toujours ça pour avoir la paix auprès de Pôle Emploi : il y a toujours au moins une offre de comptable par jour qui paraît. Et avec un peu (beaucoup beaucoup) de chance, peut-être qu’une de mes candidatures aboutira !

Bref, j’attends surtout la réponse du Greta pour m’organiser, et voir ensuite comment financer le CNED.

6 réflexions sur “Se projeter dans une région pauvre en emplois

  1. Quel merdier…
    Désolée c’est la seule chose qui m’est venue en tête en te lisant..

    Je sais a quel point tu te bats depuis des années et j’arrive même pas comprendre que personne te laisse une chance…

    Ton homme ne souhaite pas postuler ailleurs ? S’il est au bord du burn out, ce serait mieux non ? (C’est idiot comme question je sais …)
    Il doit être tellement usé…

    J'aime

  2. il me semble que le salarié peut demander un rv avec la médecine du travail sans attendre la visite médicale périodique, ton homme pourrait faire ça histoire d’expliquer qu’il n’en peut plus, après je sais pas si c’est possible mais le doc du travail pourra peut-être orienter ton homme vers un médecin et faire le « forcing » pour qu’il le prenne comme médecin traitant si vous n’en avez toujours pas trouvé de potable…
    parce que s’il frôle le burn out, il faut pas qu’il attende qu’il soit trop tard, une fois que tu craques c’est très difficile de remonter la pente, j’ai vu une collègue finir comme ça au boulot, elle qui était si joyeuse se mettait à pleurer pour rien, et un jour boum, arrêt de travail pour burn out ; après ça elle est revenue mais sans vraiment aller mieux et elle a fini par démissionner pour bosser comme commerciale dans 1 boîte d’assurances je crois… elle était tellement désespérée de partir de cette boîte pourrie qu’elle a pris la 1re offre qui se présentait à elle !

    Aimé par 2 personnes

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