Un entretien désastreux

J’attendais cet entretien à la Préfecture depuis un moment, heureuse d’avoir été pré-sélectionnée, mais malheureusement, il faut croire que j’étais trop rouillée… l’entretien a été tellement désastreux que j’étais à deux doigts de pleurer en sortant.

Pourtant je m’étais renseignée sur le poste, bien comme il fallait sur le site de la Préfecture, je m’étais préparée psychologiquement et tout… bon, je n’avais eu aucune réponse suite à mon appel à témoignages/infos sur Twitter (je ne sais pas pourquoi j’espère encore, ce réseau ne fonctionne que pour les autres) mais j’ai passé outre et je me suis renseignée seule, comme je pouvais. Je n’y connais absolument rien de base à la fonction publique ou sur la manière dont fonctionnent les organismes d’Etat, donc je n’ai qu’internet ou les autres employés pour me renseigner dessus.

J’ai fait ce que j’ai pu et une fois sur place… eh bien j’avais tout faux ! J’avais tout noté de la fiche de poste du site, mais apparemment ça n’avait rien à voir… car mon département est une exception administrative, donc le poste n’est pas tout à fait pareil et j’ai des fonctions supplémentaires. Fonctions qui n’étaient absolument pas détaillées sur le site de la Préfecture de mon département, mais la personne qui m’a reçue m’a assuré que si tout du long. J’ai vérifié en rentrant, et non.

Déjà quand je suis arrivée, j’ai commencé à perdre en confiance, entre mon arrivée en avance qui a bien fait chier le portier qui me l’a fait comprendre, les canapés crasseux d’avant-guerre sur lesquels on devait attendre… et moi qui m’était emmerdée à chiner une tenue correcte pour l’entretien, tout ça pour voir arriver une femme en boubou jaune fluo tout taché à qui on a rien dit ! -_-

Trois groupes de femmes faisaient passer les entretiens, deux qui avaient l’air sympa, et un dont les deux femmes paraissaient aussi sympathiques que des gardiennes de prison ; évidemment, ce sont les gardiennes de prison qui m’ont faite passer, sinon ce ne serait pas drôle (vous la sentez frapper petit à petit ma poisse légendaire ?).

Déjà dès le début de l’entretien j’ai su que j’étais rouillée, trop perdu l’habitude en en décrochant si peu d’entretiens : j’ai mis du temps avant de trouver une diction fluide et assurée, et les taulières s’en ont aperçues, celle en face de moi l’a bien noté. C’est assez compliqué de présenter sous un beau jour mon parcours si faible, et de devoir répondre aux questions inquisitrices sur la raison pour laquelle mes contrats n’ont pas duré, surtout celui dans l’administratif. La taulière blonde, la plus hargneuse des deux, m’a carrément sorti qu’elle ne me croyait pas lorsque je lui ai expliqué le problème de ma chef qui fumait et vapotait dans les locaux. Comme c’est illégal, dans l’imaginaire idéal de cette femme, elle aurait dû être sanctionnée et basta. Si seulement !

Du coup, quand tu es de base peu assurée et que ta recruteuse de sort qu’elle te prend pour une mythomane, ça commence bien. Mais ce n’était pas fini, parce que la suite de l’entretien je l’ai subie plus qu’autre chose. 45 minutes de torture.

Ont commencé les questions, et je me suis retrouvée avec deux femmes qui me mitraillaient de questions hyper pointues sur le fonctionnement d’une Préfecture, sur la fonction publique, etc. Si j’ai des connaissances d’ordre général dans le domaine, je suis loin d’être calée, et ma prise de renseignements portait surtout sur le poste et le service convoités. Les questions étaient si précises que je me suis demandé un instant si ces femmes n’avaient pas oublié que j’étais une externe ; je suis d’accord sur le fait que je suis censée savoir où je mets les pieds mais là, j’étais complètement perdue, en PLS, et chaque mauvaise réponse était soigneusement notée. Sans parler des réflexions comme quoi je m’étais mal renseignée et que je n’y connaissais rien… j’ai sauvé le strict minimum car je connaissais le nom de quelques personnalités et que j’avais connaissance de quelques arrêtés préfectoraux récents mais là bizarrement les femmes elle ne notaient pas quand je répondais juste -_-

A chaque question mon cerveau lâchait prise de plus en plus, comprenant très vite que c’était mort, entre les réflexions et les réponses fausses. Pourtant on a été jusqu’au bout de l’entretien, j’ai retenu ma rage et mon envie de pleurer, j’ai essayé de m’accrocher un max pour laisser paraître ce qui me restait de sérieux et de dignité, mais je n’ai vraiment pas eu l’impression de convaincre les taulières. D’autant plus qu’avec le stress et la panique qui montaient…. j’ai oublié bon nombre d’informations que je connaissais par cœur, donc bon nombre de questions auxquelles j’aurais pu répondre.

Et je ne vous parle même pas de mon orgueil qui a pris un sacré coup tant j’ai eu l’impression de passer pour une idiote, entre mes renseignements faux ou incomplets et leur attitude pas très encourageante.

C’est dommage parce qu’au vu de la description du poste, je suis sûre que je serais capable de le tenir, le temps d’ingurgiter tous les règlements et compagnie. Je ne pense pas non plus que ce soit complètement mort, peut-être que cette montagne de questions pointues était un test pour voir si j’étais capable de paraître assurée malgré tout et ma résistance au stress, dans ce cas ça devrait être bon, mais je n’ai pas eu l’impression d’être testée, plutôt jugée.

J’espère me tromper, après avec beaucoup de chance peut-être que les autres candidats étaient tellement incompétents que je serai prise quand même, ou que j’aurai quand même une place pour la seconde vague d’éliminations. J’ai pu montrer un certain esprit de déduction et de la curiosité qui ont peut-être marqué les taulières, je ne sais pas. Mais je n’ai pas eu l’impression que cet entretien était placé sous le signe de la chance.

Au moins j’ai pu me dérouiller un peu et j’ai appris quelques trucs : je ne sors pas totalement perdante. J’ai juste eu l’impression de ne pas avoir été à la hauteur.

17 réflexions sur “Un entretien désastreux

  1. Bon, on va croiser les doigts pour que tu aies raison quand tu dis que les autres candidats s’en sont moins bien sortis que toi et que ces questions piégeuses étaient juste une manière de te tester…
    Mais la description de ton entretien me fait penser à l’oral du concours que j’avais tenté : j’avais bûché à fond les structures d’accueil et les chartes pour améliorer justement l’accueil du public, pensant qu’on allait m’interroger dessus étant donné que agent d’accueil correspondait au cadre d’emplois visé par le concours, mais au lieu de ça j’ai eu des questions hyper pointues sur les compétences de telle et telle collectivité et sur… la gestion des routes ! Youpi !

    J'aime

    • Ah mais grave, autant je peux comprendre qu’on veuille que je sache où je mets les pieds, autant pour le poste en soi, ne pas savoir comment les préfets sont nommés ou leurs fonctions c’est pas non plus un drame, toi tu gères les demandes de pièces d’identité et tu dois avoir l’œil pour les fraudes, c’est tout…

      Aimé par 1 personne

      • C’est vraiment n’importe quoi, ils feraient mieux de recruter sur mises en situation, c’est quand même beaucoup plus parlant…
        Enfin, la prochaine fois, pointe-toi en boubou cradingue, te donne pas tant de mal pour un tel résultat… -_-
        (je dis ça mais je croise les doigts quand même)

        J'aime

        • Bah en soi la dame en boubou rien ne lui a été dit publiquement mais peut-être que les nanas ont noté direct qu’elle était sale et n’a pas fait d’effort pour la tenue. Mais sur le coup ça m’a foutu la rage parce que je me suis bien emmerdée à chiner pour une tenue acceptable. Après cette tenue resservira j’espère !
          Mais oui les recrutements comme ça, ça devrait être de la mise en situation ou des tests type informatique, orthographe, etc. Je suis persuadée que beaucoup de salariés de la fonction publique sont loin de connaître tous les détails de la structure dans laquelle ils bossent !

          Aimé par 1 personne

          • c’est clair !
            quand j’avais tenté le concours, à ce moment je bossais à l’accueil du CCAS. J’arrêtais pas de me dire « mais tout ce qu’on m’a demandé au concours, les collègues je suis sûre qu’elles en savent pas 1/10e ! »

            Aimé par 1 personne

          • En même temps à leur décharge la plupart de ces infos ne sont pas utiles… de ce que j’ai compris de l’entretien, l’essentiel de ma mission c’est le contrôle de dossiers, donc que le préfet s’appelle Jean-Bidule et que son boulot c’est baiser des chèvres je m’en fiche :/ c’est juste pour filtrer les gens lors des sélections.

            Aimé par 1 personne

  2. Oh la la, quelle horreur, cet entretien !
    Je suis aussi à la recherche d’un travail, mais j’ai eu de la chance, l’entretien que j’ai eu il y a deux jours s’est plutôt bien passé, et les personnes en face de moi étaient sympa.
    Je découvre juste ton blog, je vais aller jeter un coup d’œil à d’autres de tes billets 😉

    Aimé par 1 personne

  3. Pfioulala, ma pauvre. Je croise les doigts aussi, parce que ça dépend vraiment des autres candidats qu’ils ont eu et que comme tu dis ça peut être juste des manœuvres d’intimidation pour voir ton répondant (auquel cas, tu t’en ai bien tirée).

    J'aime

  4. Est ce que tu auras contact avec ces personnes si tu as le poste ??

    Ça me rappelle d’un entretien ou les recruteurs me disaient que j’étais pas capable de bosser dans leur structure parce que j’étais dans une plus petite entreprise avant et que la ce sont des grands avec beaucoup de tâches. (C’était un supermarché et j’avais bossé dans un autre supermarché de la même ville. Ils devaient certainement s’entendre entre patrons et voulaient se foutre de ma gueule. Vu que j’avais quitté cette dernière entreprise pour aller a paris…)

    Ils se sont foutus de ma gueule parce que j’habitais chez mes parents (je sais même pas comment on est venus a ça d’ailleurs )

    C’était mon premier entretien après le Bataclan.

    J'aime

    • Oui les personnes qui ont passé les entretiens sont des personnes du service. Après de ce qu’on m’a expliqué, si je suis prise, j’aurai un tuteur et ensuite un binôme, donc si mon binôme n’est pas une de ces personnes je ne serai pas obligée de les fréquenter. Même si bon j’ai encore eu droit au coup du « mais on forme une grande famille fusionnelle », mouais.

      Sympa l’entretien avec les recruteurs qui se foutent de ta gueule, après le Bataclan en plus, vraiment charmant… ce genre de type ça mérite un raid de commentaires négatifs sur Google, ça lui fera les pieds avec sa graaaaande entreprise. -_- ma pauvre…

      J'aime

  5. Je sais que c’est pénible de ne pas être crue quand on dit la vérité, mais cette histoire de cheffe qui vapote dans le bureau est effectivement invraisemblable.
    Moi aussi, il m’est arrivé des choses que personne ne croie. J’ai arrêté d’en parler pour ne pas passer pour une folle ou une menteuse. Vous devriez faire de même à propos de cette histoire.

    J'aime

  6. J’avais eu ce genre d’entretien pour un stage. Le type m’avait dit qu’on allait passer une petite demi-heure ensemble… Ça a duré deux bonnes heures et j’étais juste épuisé, en plus d’être stressé par le type qui me posait QUE des questions tordues. Donc je comprends ce que tu as vécu.

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s