L’adaptation de Sérana

Un mois environ après mon article racontant l’arrivée de Sérana, il est temps de donner quelques nouvelles !

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Je comprends mieux pourquoi mes tomates ont cessé de pousser et pourquoi j’ai trouvé certains de mes plans couchés…

Sérana progresse très très lentement. Elle est plus en confiance qu’avant dans la mesure où elle ne passe plus la majorité de son temps cachée, mais elle a encore tendance à se méfier à la moindre contrariété, surtout de mon homme.

Là où Hélia préférait mon homme (alors que c’était moi qui m’occupais d’elle de A à Z, de la litière à la bouffe), Sérana me préfère moi. Ce qui est plutôt normal dans la mesure où c’est moi qui la nourris et qui vais le plus vers elle. Elle m’adore au point de venir dormir sur moi, ce qui est paradoxal parce qu’avec mes soucis respi, à chaque fois qu’elle a dormi affalée sur moi ça m’a réveillée en panique et en sursaut et je l’ai lourdée comme une malpropre avant de réaliser ce qui m’arrivait ! :’)

A chaque fois la pauvre puce ne comprends pas pourquoi elle se fait virer si brusquement, mais je vous avoue qu’un poids sur les poumons c’est juste pas possible.

Sa relation avec mon homme, elle, s’apaise, il va plus souvent vers elle pour la câliner, mais on sent qu’elle a toujours un peu peur de lui. Ce n’est pas tout à fait sa faute, car il est très stressé par la situation de son entreprise qui se dirige droit dans le mur (ils ne s’en vantent pas dans les médias, mais le coronavirus les a mis à terre et ça sent les licenciements économiques à tour de bras à la rentrée) et c’est un stress contagieux. Du coup forcément Sérana le sent et se méfie lorsqu’il vient vers elle.

Et monsieur le bipolaire reste monsieur le bipolaire, cette première réaction de frayeur va soit l’agacer, soit il va être patient… je sens aussi une pointe de jalousie parfois, parce que Sérana me préfère ouvertement alors qu’il avait l’habitude de la quasi-exclusivité de l’amour d’Hélia. Jalousie qu’il n’admettra évidemment pas, clamant que de toute façon Hélia est le chat de sa vie et qu’il n’y a pas de place dans son cœur pour un autre.

Et c’est triste à dire, mais ce n’est pas tout à fait faux. La mort d’Hélia a tellement durci mon cœur que malgré toute l’affection de Sérana je n’arrive pas à savourer pleinement sa présence. Moi aussi ses réactions effrayées m’agacent parfois, même si je ne lui montre pas. Je me contente de réagir avec indifférence.

« Tu as peur ? Eh bah écoute planque toi, tu sortiras quand tu auras faim. »

Et juste après je me sens coupable, parce que Sérana n’a pas demandé à ce qu’on l’adopte, et elle n’a pas à faire les frais de notre cœur brisé. C’est une minette vraiment adorable, très demandeuse de câlins (mais quand elle veut), on sent qu’elle veut nous donner son affection mais quelque chose semble la retenir, elle aussi. Quelque chose qui l’empêche de se détendre totalement auprès de nous. Est-ce qu’elle sent ce mur de larmes qui nous sépare ?

Il  y a des moments où, je l’avoue, je regrette d’avoir de nouveau adopté un chat aussi vite. J’aurais peut-être dû attendre que le temps apaise ce chagrin si profond. Et le caractère souvent étrange de Sérana nous renvoie encore plus la perfection d’Hélia dans la face. Je me dis que mon homme a raison, qu’il n’y a de la place dans nos cœurs que pour un seul chat, notre fille, Hélia.

Et puis il y a d’autres moments où je regarde Sérana ronronner en mangeant tant elle apprécie le contenu de sa gamelle, où elle vient réclamer de l’amour en roucoulant (oui j’ai un chat qui ne miaule pas mais qui roucoule, c’est un pigeon sous couverture en fait), où elle profite de la loggia à fond pour y dormir et y satisfaire sa curiosité en toute sécurité… et je me dis qu’avoir une petite vie à entretenir à la maison est quelque chose dont j’ai besoin. Un besoin viscéral, comme si mon absence d’envie d’enfant de chair se dirigeait vers une envie d’aimer les animaux.

Je ne sais pas si un jour Sérana sera un chat normal, si sa peur disparaîtra ou quoi que ce soit… mais en attendant elle est là. Je n’arrive pas à ouvrir totalement mon cœur, mais elle m’attendrit de plus en plus. Peut-être que ça viendra.

2 réflexions sur “L’adaptation de Sérana

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