Cogito, de Victor Dixen

cogito

Si j’ai envie de passer un bon moment de lecture, je sais que Victor Dixen est une valeur sûre. Je l’ai découvert avec la saga Phobos, puis je me suis tournée vers le reste de sa bibliographie, et je me suis évidemment procuré son dernier-né, Cogito.

Résumé : 

Un don du ciel… Roxane, dix-huit ans, a plongé dans la délinquance quand ses parents ont perdu leur emploi, remplacés par des robots. Sa dernière chance de décrocher le Brevet d’Accès aux Corporations : un stage de programmation neuronale, une nouvelle technologie promettant de transformer n’importe qui en génie….ou un pacte avec le diable ? Pour les vacances de printemps, Roxane s’envole pour les îles Fortunées, un archipel tropical futuriste entièrement dédié au cyber-bachotage. Mais cette méthode expérimentale qui utilise l’intelligence artificielle pour « améliorer » la substance même de l’esprit humain est-elle vraiment sûre ? En offrant son cerveau à la science, Roxane a-t-elle vendu son âme au diable ? Demain, l’intelligence artificielle envahira toutes les strates de la société. L’ultime frontière sera notre cerveau.

Mon avis : 

Enfin un roman qui allie intelligence artificielle, éthique et dérives possibles, le tout dans un futur pas si lointain que ça ! Dès que l’on critique le progrès, on se fait insulter de vieux réac’ sans même chercher à comprendre ce qui peut motiver la dite critique.

Pourtant, les limites éthiques de l’intelligence artificielle se dessinent vite, surtout lorsqu’elles s’appliquent à l’homme.

A première vue, les modifications apportées à l’esprit humain sont géniales : sans effort, on peut engranger une quantité astronomique de connaissances, qu’il s’agisse de sciences, de littérature ou d’art. Vous imaginez, pour moi qui ai toujours rêvé de peindre mais qui n’ai pas l’ombre d’un talent artistique ? Je me jetterais sur l’occasion !

Cependant, ces modifications sont coûteuses et évidemment réservées aux plus riches. Les prolétaires, eux, restent condamnés à bachoter à l’ancienne, et à regarder les intelligences artificielles voler leurs emplois tout en se faisant accuser de parasitisme.

On ne peut pas s’empêcher de regarder notre propre époque : de plus en plus de caisses automatiques au lieu de caissières humaines, des drones qui livrent les colis au lieu de notre bon vieux livreur et ses avis de passage, l’algorithme d’Amazon pour licencier ses employés… sans parler de l’algorithme utilisé par certains recruteurs pour filtrer nos CVs par mots-clés !

Notre héroïne, issue d’une des plus basses classes de la société, parvient à obtenir une bourse pour partir sur une île de rêve et acquérir les connaissances nécessaires pour obtenir son fameux sésame et tenter de sortir de sa condition. Elle devrait être plus que motivée et pourtant, c’est elle qui va vite remarquer les dysfonctionnements de l’IA et les effets secondaires de l’injection de connaissances dans le cerveau.

Et puis, quelle valeur accorder aux artistes qui ont acquis artificiellement leur talent ? Si belles soient leurs œuvres, viennent-elles vraiment d’eux ? S’il n’y a aucun effort de fourni pour produire quelque chose, quid des gens qui ont bossé comme des dingues pour le même résultat ?

Et surtout, si cette technologie s’étend, l’humanité ne régressera-t-elle pas en perdant toute notion d’effort ou d’apprentissage ?

Toutes ces questions nous viennent à l’esprit en suivant Roxane, l’héroïne qui essaie de trouver sa place parmi tous les nantis, qui oscille entre volonté de s’en sortir et hésitation face à tous les symptômes qu’elle constate et ressent. Peut-on vraiment prendre le risque d’être contrôlé par une IA ? Sait-on vraiment ce qu’on nous injecte dans le cerveau ?

L’auteur nous dresse le portrait d’une société future très réaliste, avec ses dérives, ses détracteurs, et l’habituelle humanité qui se complaît à créer des disparités avec ses semblables pour mieux les enfoncer.

On se rend compte des limites de l’intelligence artificielle et du remplacement des humains par les machines dans les tâches quotidiennes. On se rend compte du danger que courent les populations les plus fragiles face à l’automatisation de notre société déjà si injuste et prompte à détruire les plus faibles.

Victor Dixen a réussi à nous présenter un roman criant de réalisme et une histoire qui captive du début à la fin. C’est vraiment un de mes coups de cœur de l’année et je ne regrette pas mon acquisition !

4 réflexions sur “Cogito, de Victor Dixen

  1. Bonjour,
    Juste une question : saurais-tu dire pourquoi ce titre est classé en « Littérature jeunesse » ? L’histoire ne semble pas manquer de profondeur. Est-ce seulement à cause de l’âge du personnage principal ?

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    • Honnêtement ce n’est pas le premier livre que je vois classé en jeunesse alors qu’il pourrait facilement être mis ailleurs ! Mais le principe même du Young Adult c’est de pouvoir s’identifier à des personnages de « notre tranche d’âge » (je mets des guillemets parce qu’on est nombreux à en lire une fois passés à l’âge adulte) donc oui l’âge du personnage principal influe beaucoup. Là on a une adolescente qui s’interroge puis qui remonte la pente, donc c’est classé d’office j’imagine.

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  2. Pingback: Victor Dixen – Cogito | Sin City

  3. Pingback: Extincta, de Victor Dixen | Une rousse studieuse

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