Après tout ce temps…

Elle est partie en mars… 7 mois sans elle. Hélia n’était pas seulement un chat, je la considérais comme ma fille, elle m’était plus précieuse qu’un enfant de chair et je l’aimais plus que tout au monde.

Son entrée dans ma vie était comme une évidence, comme un destin déjà écrit, elle devait être là, à mes côtés. Et elle l’a été pendant neuf ans.

Lorsqu’elle est tombée malade et que j’ai vu que ça durait, que les vétérinaires semblaient s’en tamponner le coquillard malgré mes efforts, ma nature pessimiste a commencé à prendre le dessus, et mon instinct me hurlait que c’était grave : mais comme ceux censés la soigner ne voulaient pas le faire, qu’est-ce que je pouvais faire de plus ? Est-ce que j’aurais dû insister encore, gueuler, être violente pour qu’enfin on daigne examiner cette pauvre bête souffrante ?

Lorsqu’elle est partie, si brutalement, j’ai ressenti une culpabilité immense. Elle est décédée chez le vétérinaire, je n’étais pas là, alors que lorsque je l’avais laissée pour son opération, mon instinct me hurlait que c’était la dernière fois que je la voyais. J’aurais dû m’écouter et faire du sitting devant le cabinet vétérinaire, au moins j’aurais pu recueillir son dernier souffle.

Cela fait 7 mois et il ne se passe pas une semaine sans que je fasse un cauchemar. Un cauchemar dans lequel je revois son corps, sa petite langue pendante, violette, ses yeux sans vie, et cette monstrueuse bouffée de culpabilité qui ne s’apaise pas pour l’avoir laissée mourir seule, sans les deux personnes qu’elle aimait autant que nous l’aimions.

Je n’arrive juste pas à m’apaiser, à me déculpabiliser, à cesser de penser au fait qu’à la fin elle a dû souffrir seule et sans moi.

J’ai beau avoir, depuis, adopté Sérana, il y a toujours une partie de moi qui est partie avec Hélia. J’ai été comme amputée d’une part de mon cœur, de mon âme, et la culpabilité toujours aussi écrasante que je ressens n’aide pas.

Sérana a beau m’adorer, être très proche de moi et me faire comprendre qu’elle m’aime chaque jour, à roucouler, à me léchouiller, à se frotter contre moi, une partie de moi reste hermétiquement fermée. Je lui rend son amour, mais mon cœur reste en partie mort et incapable de lui rendre son affection comme je le faisais avec Hélia.

Je la trouve mignonne et attendrissante, affectueuse et douce mais… il n’y a pas de côté fusionnel, ce côté « c’est le destin » que j’avais avec Hélia.

Je me sens un peu coupable, car j’ai adopté Sérana par pur égoïsme : j’ai besoin d’un animal à la maison, je ne peux juste pas vivre sans chat, et le besoin de combler l’absence d’Hélia était presque vital. Cependant Sérana n’a pas à payer les conséquences de mon incapacité à aimer comme avant, elle ne m’a rien demandé.

Elle est évidemment très bien traitée, elle est aimée, je ne la rejette pas du tout mais ce n’est pas pareil et j’ai l’impression de manquer à mes devoirs de maman-chat.

Parce qu’Hélia avait mis la barre tellement haute qu’atteindre son niveau est impossible.

Une personne m’a dit un jour qu’on avait un animal « âme-sœur » et que ceux qui suivaient avaient un impact moindre sur notre vie parce qu’une âme-sœur est unique. Je trouve ça un peu triste, mais au fond, ça se rapproche de ce que je ressens. Hélia a eu une influence énorme sur moi et a contribué à façonner ma personnalité de jeune adulte, puis d’adulte. J’ai toujours eu une attirance pour les animaux, mais Hélia a changé ma vision des choses, m’a appris à aller chercher moi-même mes informations, à m’affirmer, à décider. Elle m’a poussée vers le militantisme, à ouvrir les yeux sur la situation des animaux en France et dans le monde. Elle m’a, en grande partie, façonnée. Et elle a de ce fait pris une énorme place dans mon existence, une place qui ne peut être comblée.

A cause de ça, je ressens un peu de peine pour Sérana, qui est adorable et qui mérite d’être infiniment aimée tant elle a d’amour à donner, mais à qui je ne pourrai jamais totalement rendre son affection.

Cela rajoute de la culpabilité. Et des cauchemars incessants. J’aimerais trouver un peu de paix, ne pas avoir peur de dormir, ne plus revoir son corps et revivre à l’infini ce coup de fil fatidique dont je me rappelle le moindre mot, la moindre intonation, et qui résonne dans ma tête.

« Je suis désolé, elle s’est éteinte. »

Laisser aux gens la liberté de choix, et puis quoi encore ?

Je ne saurais dire si c’est parce que je suis issue d’une famille qui a connu la dictature franquiste et m’a bassinée avec ça toute mon enfance (mon grand-père est venu plusieurs fois en classe d’espagnol pour témoigner avec son bon accent andalou, le cauchemar de mes camarades), mais quand je vois des gens hurler à la dictature pour des masques et des bars, je vous jure que ça me trigger au point de vouloir distribuer des tartes à la pelle. Il faut surveiller ses mots, la dictature ce n’est pas ça, c’est très, très loin de ça. Comparer des mesures sanitaires restrictives à une dictature juste parce qu’on ne supporte pas de devoir faire des compromis ou de sacrifier des loisirs c’est plus une preuve de profond égocentrisme que de dictature.

Il y a quelques jours, sur la page Facebook du canard local, je lisais un homme indigné de l’obligation du port du masque sur les marchés, qui disait qu’il fallait laisser aux gens la possibilité de choisir si oui ou non ils voulaient porter le masque, si oui ou non ils voulaient se vacciner, parce que tout cela était de l’ordre des libertés individuelles et que leur obligation tiendrait de la dictature. Oui oui.

Dans ces moments là, je me demande à quoi pensent les gens. Le concept même de loi existe parce que l’humain est juste incapable de respecter son prochain si on ne l’y oblige pas. Il n’a aucune empathie, aucun bon sens, ne pense qu’à lui même. On est obligés de pondre des lois pour que les hommes ne battent pas leur femme, pour interdire de tuer, de voler, de violer, de commettre des violences en général ou de fumer dans les lieux publics parce que sinon les gens se sentent légitimes à commettre ce genre d’atrocités. Et encore, les lois ne font que dissuader la majorité de passer à l’acte, mais certains le font quand même. L’humain n’a absolument AUCUNE envie de respecter les autres.

Alors laisser le choix aux gens de porter un accessoire qui freine la propagation du virus mais ne sert qu’à protéger les autres ? Se vacciner contre un virus pour lequel ils ont peu de chance de développer des formes graves juste pour protéger ceux qui eux sont très à risque ? Mais JA-MAIS ils ne le feront et le pire c’est qu’ils pourront se regarder en face dans la glace malgré tout, leur égocentrisme ne les dérangeant absolument pas.

Je lis beaucoup de gens parler de liberté, comme si la liberté c’était juste faire tout ce que l’on veut, si on veut et quand on veut, en en ayant rien à cirer de notre environnement ou des gens. Mais la liberté ce n’est pas ça, un tel concept n’existe tout simplement pas, ne serait-ce que parce que la loi existe : elle nous autorise à faire certaines chose mais en interdit d’autres, on a toujours vécu sous le joug d’interdictions diverses et donc nous n’avons jamais été totalement libres.

Qui plus est, tout le monde connaît la célèbre citation de John Mill : « La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres », qui signifie, grosso modo, que l’intérêt des individus s’efface au profit des intérêts collectifs.

Et nous sommes justement en plein dedans, une partie de la population inconsciente et égocentrique, plutôt que de penser à l’intérêt collectif, veut faire primer son propre intérêt individuel pour continuer à vivre normalement malgré l’épidémie et ses risques tout en restreignant les libertés des personnes à risque, parce que bon connards de vieux, d’obèses et d’handicapés, ils n’ont qu’à rester chez eux et flipper pendant que nous on se comporte comme de gros blaireaux ! Les restrictions de libertés c’est tout à fait ok pour les autres mais pas pour nous !

Inconsciente, parce que les risques de développer une forme grave ne se restreignent pas à quelques caractéristiques : on a des personnes âgées, obèses ou avec des soucis respiratoires qui n’ont pas développé de formes graves (Malgré mon covid long je n’en suis pas morte après tout). A contrario, on a des personnes sportives et sans aucun souci de santé qui en sont morts, ou ont développé ce qu’on appelle des « covid longs » (je vous invite à lire les témoignages #AprèsJ20 à ce sujet). Donc vous pouvez très bien vous croire invincibles et la jouer yolo pour vous retrouver en réanimation 15 jours plus tard, ou entre 4 planches. Juste pour ne pas avoir voulu cesser de boire un verre pendant quelques temps. Sans parler du fait de répandre le virus autour de vous ou de rajouter du travail à des soignants déjà épuisés, mais c’est un autre débat.

Égocentrique, parce que déjà, vouloir restreindre les libertés individuelles de quelques millions de personnes (parce qu’entre les vieux, les personnes obèses/en surpoids, les déficients immunitaires, les handicapés respiratoires et compagnie, je pense que les personnes à risque se comptent plus en millions qu’en milliers) juste pour ne pas rogner sur son confort de vie est effectivement égocentrique, mais aussi parce que dire aux gens qui ont peur ou qui sont à risque de rester chez eux sans aucun autre argumentaire prouve une méconnaissance du virus et de la manière dont il se transmet : si une partie de la population continue de le répandre sans aucune protection ou prévention, même en restant chez nous, à moins de pouvoir vivre en totale autarcie, il nous est juste impossible d’échapper au virus.

Qui plus est, à l’heure actuelle, dans le monde entier on a de plus en plus de cas… de recontaminations au covid-19. Donc on fait quoi, on prend de bonnes mesures une bonne fois pour toutes pour stopper sa propagation, ou on confine des millions de personnes à vie parce que ne pas pouvoir boire un verre ou bouffer des sushis le soir en groupe c’est trop trop la vilaine dictature ?

C’est bien mignon de parler de l’économie, mais les personnes à risque font aussi partie intégrante de cette économie : de par notre travail, nos dépenses, nos fréquentations, on fait aussi partie du cycle économique. Vouloir nous couper du monde à cause de vos comportements irresponsables, c’est aussi vouloir nous couper de l’économie. Donc en prétextant ne pas vouloir flinguer l’économie en fermant les lieux susceptibles d’accueillir du monde, eh bien… vous participez à son suicide en coupant les vannes d’une partie de la clientèle des lieux en question. Sans parler de tous ces gens que vous voulez mettre au chômage parce qu’ils ne pourront plus travailler et qui du coup n’auront plus d’argent à réinjecter dans l’économie… juste parce que vous ne voulez pas porter de masque au travail ou vous laver les mains plus souvent. Ou parce que vous ne voulez pas instaurer le télétravail lorsque c’est possible.

Après, là où je rejoins les râleurs, c’est que notre gouvernement passe pour un ramassis de guignols dans le monde entier tant les mesures prises sont incohérentes, incomplètes et contradictoires :

Le confinement qu’on a subi était nécessaire, mais on a complètement raté notre déconfinement : du jour au lendemain on a dit aux gens qu’ils pouvaient vivre comme avant, puis finalement en voyant que ce n’était pas une bonne idée avec toutes les recontaminations on a réinstauré des mesures de protection, sans les rendre obligatoires, et puis finalement c’est obligatoire… forcément c’est du pain béni pour les complotistes qui n’ont aucun mal à faire de nouveaux adeptes avec des branquignoles pareils.

A l’heure actuelle on en est à un stade où un reconfinement devient nécessaire, et on renâcle à cause des conséquences économiques (ce que je peux comprendre, ça a été un coup dur pour beaucoup d’entreprises), sauf qu’on aurait très largement pu éviter d’en arriver là si on avait imposé les mesures de protection dès le début, qu’on avait protégé nos frontières de la masse de touristes venant de pays fortement touchés ou que l’on avait évité de laisser les gens partir en vacances dans des endroits touchés…

Le gouvernement a agi vraiment bêtement et on en paie le prix ; en plus ce n’est pas fini. On a laissé, au début, le choix au gens et voilà ce que ça a donné : la seconde vague. Et ces mêmes gens réclament, aujourd’hui, qu’on leur laisse à nouveau le choix ? C’est quoi le but, une troisième vague parce que les gens en question sont cons comme des manches et égocentriques au possible ?

Nous en sommes à ce stade aujourd’hui en partie à cause du gouvernement, mais aussi en partie à cause des gens, de leur égocentrisme, de leur stupidité, ou peut-être de leur méconnaissance de ce type de virus, mais j’ai des doutes sur ce dernier point car les lanceurs d’alerte parmi les professionnels de santé ne manquent pas depuis le début. Les gens ont réclamé des masques pour finalement refuser de les mettre, refusent de prendre ne serait-ce que le minimum de mesures de précaution, les employeurs de leur côté refusent le télétravail si on ne les y oblige pas… comment voulez-vous qu’on s’en sorte ?

Et encore, je ne parle même pas de la future couverture vaccinale de la population… pour que le virus soit endigué, le processus vaccinal est indispensable : c’est comme ça qu’on a mis fin (ou fortement réduit la propagation) aux épidémies les plus endémiques comme la variole. C’est comme ça que les personnes à risque comme les autres pourront de nouveau « vivre » (j’ai du mal à me dire que fermer les bars c’est empêcher les gens de vivre, il y a tellement de manières de s’occuper même en restant chez soi, les gens exagèrent) normalement et en harmonie.

Si on laisse le choix à Jean-Michel Ballec et Karen Complotiste, qui déjà à l’heure actuelle râlent pour un masque, vous pensez qu’il va se passer quoi ? Une fois de plus ils refuseront de faire passer l’intérêt collectif avant leur intérêt individuel et ne se feront pas vacciner, prenant ainsi le risque de s’exposer à la maladie et la transmettre autour d’eux. Bon nombre de maladies sont éradiquées aujourd’hui parce qu’on a obligé les gens à se vacciner, mais maintenant les gens associent obligation/interdiction à dictature et ça donne des comportements débiles du genre… il faut absolument s’opposer à tout sinon on est des moutons, gneu gneu gneuuuuuuh moi 200 IQ !

Du coup, que va-t-on faire pour le vaccin contre le covid-19 ? On va le laisser se répandre encore et continuer de faire des victimes juste pour laisser le choix à Jean-Michel et Karen ? Ou on va les attraper par la peau du cul et les piquer de force afin d’en finir au plus vite avec cette foutue épidémie parce qu’on va enfin se décider à faire primer l’intérêt collectif ?

Cette période bizarre et effrayante ne prendra fin que si on s’y met tous, au lieu de vouloir à tout prix privilégier ses petites habitudes et son confort sans rien faire tout en disant aux personnes responsables que ce sont des moutons ou qu’elles feraient mieux de rester à flipper chez elles (ouin ouin ouiiiiin). On ne met pas fin à une épidémie sans prendre aucune mesure et en laissant les gens mener une vie normale.

Le problème vient des comportements individuels, mais aussi des entreprises qui pourraient instaurer le télétravail lorsque c’est possible, et du gouvernement qui semble rechigner à prendre de nouveau des mesures drastiques mais nécessaires, préférant instaurer au compte-gouttes des mesures incomplètes. C’est un tout. Si les gens et les entreprises ne veulent pas jouer le jeu… il faut les y obliger. Ce n’est pas une dictature que de forcer les gens à avoir du bon sens ou de protéger la population malgré elle ; c’est un problème de considérer cela comme de la dictature.

Un virus qui met tout à terre

C’est bon vous avez la chanson en tête ? Haha

Toujours dans mes démarches pour essayer de me former, j’ai eu au téléphone une cliente du magasin de mon homme, qui l’adore car il est compétent. C’est une dame qui a eu une carrière impressionnante et qui est restée influente, et quand elle a appris ma situation, elle a voulu m’aider.

J’ai beau ne pas être très à l’aise avec le piston, ça reste la meilleure voie pour avoir un emploi : je m’en suis bien rendue compte au fil des années. Sans relations, c’est beaucoup, beaucoup plus difficile.

Cette dame m’a indiqué que ça ne se ferait pas de suite, car beaucoup d’entreprises sont dans le flou quand à leur avenir à cause de la crise due au virus, et donc elles n’embauchent pas. On est même pas sûrs de pouvoir fêter Noël à l’heure actuelle tant un reconfinement est nécessaire mais repoussé au nom de l’économie.

Elle m’a également appris pourquoi je n’avais plus de réponse du Greta : dans ma ville, ils ont tout simplement annulé toutes les formations et c’est fermé. Il n’y aura aucune formation pour l’année 2021. Moi qui espérais pouvoir en commencer une à la rentrée 2021, il semblerait que ce soit compromis. Ils ont bel et bien tout supprimé et les employés sont un peu au chômage technique puisque rien à faire, d’où le fait que je n’ai pas de réponse.

La dame a également souligné un point important auquel je n’avais pas forcément pensé : mon âge. Je veux faire ce BTS Compta en apprentissage, mais au delà de 30 ans, il n’y a plus d’aides pour l’embauche d’un apprenti. Or j’ai 30 ans, et l’année prochaine voir dans 2 ans, si je veux entamer la formation, j’aurai 31-32 ans… il sera donc trop tard pour un contrat pro avec des aides. Il y a donc de bonnes chances pour que, même si les apprentis en compta sont recherchés dans la région, je ne parvienne pas à trouver d’entreprise d’accueil pour mon BTS. Il aurait fallu que je trouve mon contrat pour cette année, ce qui n’est plus possible.

Evidemment ce n’est pas non plus impossible, surtout si à ce moment là je peux bénéficier de l’aide de la dame, mais ça met un gros coup de couteau à mon projet. Je vais devoir sacrément ramer pour trouver une entreprise.

Il me reste aussi la solution du CNED pour ma première année de BTS : ainsi j’évite de perdre une année entière, je me prépare pour le Greta s’ils réouvrent leur classe, et je pourrai même avoir un stage au compteur pour prouver ma motivation et être déjà un peu formée. Et si je ne trouve pas d’entreprise pour l’apprentissage, eh bien… je pourrai toujours poursuivre ma deuxième année au CNED. La seule chose qui m’embête avec cette solution c’est l’absence d’apprentissage et donc d’expérience professionnelle. J’ai bien peur de me retrouver à la case départ après mon BTS si je le passe uniquement à distance, avec juste deux stages en guise de pratique. Sans parler bien évidemment du coût !

Je ne peux pas m’empêcher de voir ma poisse habituelle dans la crise provoquée par le virus, parce que non seulement ça fout mes projets en l’air, mais en plus ça fait que je passe la date limite en âge pour être en apprentissage. Donc ça ruine bien toute tentative de reprendre des études.

En parallèle je continue à postuler un peu partout, mais je n’ai droit qu’à des réponses négatives par des bots dans la seconde qui suit… parfois quelques appels de recruteurs intrigués par le fait qu’une nana diplômée postule pour des jobs non-qualifiés… il faut croire qu’en formation RH on a pas encore intégré que les diplômes ne veulent plus rien dire !

De plus, dans cette ville, il y a malheureusement énormément de chômage : en 2020 le taux avait baissé, mais avec tous les licenciements dus à la crise, forcément c’est remonté et qui plus est les contrats aujourd’hui proposés ne sont pas à longue durée.

Du coup j’ai bien peur de ne pas avoir le choix de passer par le CNED pour cette année : autant me décider avant qu’il ne soit trop tard et éviter de perdre une nouvelle année parce que j’aurai trop hésité. Je veux bien attendre que la dame influente trouve quelque chose, mais ça signifie se reposer totalement sur quelqu’un et ce n’est pas forcément une bonne idée.

Je n’ai aucune piste pour un emploi même temporaire ; il faut dire que les offres sont prises d’assaut. Une dame m’avait appelée vis à vis d’une offre qui venait à peine d’être publiée, elle avait déjà 26 candidatures… en moins d’une heure. Donc je n’ai pas envie de retarder une éventuelle reprise d’études dans l’espoir de décrocher un job qui n’arrive pas.

Je vous avoue que j’ai un peu peur des études à distance, parce que ça demande énormément d’investissement et je trouve que psychologiquement parlant, cette année est quand même vachement chargée. J’enchaîne les ennuis de santé, les ennuis perso, en plus de ça je gère tout l’entretien de l’appartement et ce qui va autour (vive la charge mentale, mon homme il ramène la thune à la maison et c’est tout, il ne gère rien d’autre, il croit qu’un appart comme celui là s’entretient comme ça)… et je gère aussi mon nouveau régime pour perdre du poids et mon activité physique. J’ai mine de rien des journées bien remplies, même si je me garde du temps de côté pour mes loisirs.

Une reprise d’études à distance va demander toute une réorganisation et le problème, c’est que si mon homme ne veut pas y prendre part il va y avoir une couille dans le potage. Je l’épargne parce qu’il est en burn-out et continue de bosser pour qu’on ait des revenus mais lui de son côté ne m’épargne rien même s’il essaie de me soutenir niveau santé.

Bref, j’espère réussir à faire quelque chose, déjà peut-être lancer une cagnotte leetchi pour payer le CNED, tout euro récolté là bas sera toujours ça d’économisé par rapport au coût de la formation… et j’espère que cette fois ça mènera à quelque chose.

Une véritable honte

Warning : descriptions dégueulasses, ça va parler de sang et de caca.

Suite à mes mésaventures précédentes, j’avais déjà une mauvaise opinion des urgences de ma ville, mais il y a quelques jours, on a atteint le summum de la honte.

Honnêtement, j’en suis encore choquée.

Tout a commencé de manière classique, on a fait une raclette à la maison, et à peine deux heures après, mon homme et moi avons commencé à avoir des nausées, des crampes, et une diarrhée magistrale.

Mon homme s’en est remis après la première diarrhée, mais évidemment pour moi ça a continué. Au début j’ai laissé faire en prenant du Smecta, sauf que ça ne s’est pas arrangé. Une intoxication alimentaire est censée se résorber toute seule, mais ça n’a pas été le cas pour moi.

Mon « médecin » (je met des guillemets car j’ai toujours du mal à appeler médecin quelqu’un qui fait des consultations de deux secondes sans examiner et qui prescrit au pifomètre) habituel n’étant pas disponible, je suis passée par la plate-forme Qare pour trouver un médecin et lui parler de mon problème. Il m’a prescrit un traitement.

Cependant, le lendemain, je me suis mise à déféquer du sang. D’abord du sang rouge, que j’ai attribué à l’irritation (forcément une semaine à chier 50 fois par jour…) puis du sang noir, ce qui est beaucoup plus inquiétant. J’ai donc décidé de faire appel aux urgences, car mes crampes étaient telles que c’était à s’en taper la tête contre les murs.

Qui plus est, je n’arrivais pas à garder ce que je mangeais, ce qui me rendait extrêmement faible. Plusieurs jours sans rien dans le ventre…

Le médecin du 15 ayant jugé que mon état méritait une place aux urgences, m’a envoyé une ambulance. Une fois arrivée à l’hôpital, il y avait un monde fou et j’ai mis du temps avant de me voir accorder un brancard.

Ayant une peur panique de la foule, être entourée de dizaines de personnes sans aucun respect des distances de sécurité m’a provoqué crise de panique sur crise de panique, mais tout le monde s’en foutait. Une infirmière a fini par le remarquer, mais on lui a répondu sèchement que j’allais devoir m’y habituer parce que c’était comme ça. Elle a cependant fini par me sortir dans le couloir pour que je sois moins entourée, échangeant ma place avec un autre patient.

Cependant, une dame ayant le coronavirus était dans la salle avec nous et avait enlevé son masque, bavassant à tout va pour dire qu’elle était positive et qu’elle n’était pas bien. ILS ONT FOUTU UNE NANA COVID+ dans une salle des urgences dans laquelle il y avait plusieurs personnes âgées et une personne en déficit immunitaire (moi), cette personne a enlevé son masque ET PERSONNE NE LUI DISAIT RIEN alors que les vieux paniqués sonnaient l’alarme toutes les deux secondes pour que cette femme soit emmenée ailleurs ou alors qu’on l’oblige au moins à garder son masque. Mais rien. Elle a fini par être emmenée à l’isolement au bout de deux heures.

Au bout de bien 4h d’attente, on a fini par me faire un contrôle de glycémie (évidemment catastrophique vu que je ne mangeais rien), une prise de sang et un prélèvement de selles, puis j’ai été de nouveau laissée avec une perfusion de glucose pour remonter ma glycémie.

J’ai ainsi encore attendu plusieurs heures sans même un anti-douleur alors que j’étais pliée en deux et que je continuais à déféquer du sang dans les toilettes de l’hôpital.

Ensuite, au moment de la relève, j’ai vu le médecin que j’avais déjà croisé lors de mon deuxième séjour aux urgences, lorsqu’on m’avait renvoyée pour « stress » alors que j’étais en détresse respiratoire (et qu’il s’est avéré plus tard que j’avais le covid). A ce moment là, je me suis dit que ça puait… et effectivement.

Le médecin a lu mon « dossier », a demandé si mes résultats d’analyse étaient arrivés, ce à quoi on lui a répondu que non. Il s’est alors tourné vers moi, et m’a dit que je pouvais partir parce que je n’avais rien. J’étais pliée en deux sur mon brancard tellement j’avais mal, et le mec me sort que je n’ai rien.

Je lui demande sur quoi il se base pour me dire ça vu qu’aucun résultat n’est arrivé, il esquive en me disant que je n’ai rien, que je suis juste « fragile » et que c’est juste une intoxication alimentaire qui dure. Et il s’en va taper mon compte-rendu d’hospitalisation pour que je parte. Il refusera également d’appeler un taxi médical car je ne suis, selon lui, venue « que pour une consultation », ce à quoi j’ai répondu, outrée, que je n’étais pas venue pour une consultation mais parce que je chiais des flaques de sang noir et que ce n’était pas rien. Il a haussé les épaules en me disant que si personne ne pouvait venir me chercher ce n’était pas son problème.

J’étais seule, visiblement malade et vulnérable, la nuit tombait, visiblement l’affaire Victorine n’est pas assez ancrée dans les esprits vu qu’on laisse partir une femme seule et malade dans la nature alors qu’elle habite à 40 min de l’hôpital. Je suis rentrée chez moi comme j’ai pu, sans énergie et en mode pilote automatique, j’ai eu la chance inouïe de ne pas faire de mauvaises rencontres (et pourtant je suis un aimant à problèmes) mais ça aurait pu vraiment mal tourner.

En lisant le compte-rendu d’hospitalisation, j’ai vu que ce médecin avait eu le CULOT d’écrire « abdomen souple et sans douleur » alors qu’il ne m’a absolument pas examinée et que personne ne l’a fait. Je n’ai pas été palpée ni rien, la seule manipulation à laquelle j’ai eu droit, c’est la prise de sang et pose de cathéter. Le gars a donc MENTI sur mon compte-rendu en prétendant avoir fait un examen alors que non. Et le pire c’est que mon abdomen est justement dur et douloureux, et qu’il l’est encore aujourd’hui. Donc non seulement il a menti mais en plus pour dire l’inverse de la réalité.

Tout ça, j’imagine, pour se débarrasser de moi et libérer un lit aux urgences.

Autant je ne suis pas choquée de l’attente, autant je suis complètement outrée du mensonge du médecin pour me faire partir alors que j’étais extrêmement mal (et je ne suis toujours pas guérie, ce matin j’ai encore sorti du sang et des selles liquides), de la rétention de résultats d’examens, et du fait qu’ils aient laissé une patiente Covid+ au beau milieu de personnes vulnérables et que personne n’a fait le minimum de mesures de précaution pour éviter qu’elle ne contamine des gens. Sans parler du fait qu’on m’ait lâchée seule dans la nature alors que la nuit tombait et que je marchais pliée en deux de douleur.

Aujourd’hui je suis toujours malade, le médecin de Qare est dépassé parce qu’il ne peut pas m’examiner à distance. J’ai été voir mon « médecin » en présentiel mais comme d’habitude, il ne m’a même pas examinée et s’est contenté de me renouveler la prescription du médecin de Qare. L’hôpital ne m’a transmis aucun résultat d’examen, par contre pour me transmettre une facture, là ils ont su me trouver.

Il me reste éventuellement la solution de la clinique privée, ils ont une plutôt bonne réputation, mais ça signifie devoir mettre la main au portefeuille. Certains diront qu’il est normal de payer le juste prix pour ses soins, et en soi je ne suis pas totalement en opposition avec cette idée, mais ça signifie qu’il n’est plus possible de se faire soigner gratuitement. Et nous sommes dans un pays dans lequel on est supposément encore en droit d’avoir des soins décents gratuitement, ou dont la majorité sont pris en charge par les impôts ou l’Etat.

Si, petit à petit, en France, les soins gratuits baissent à ce point en qualité, bientôt on ne pourra juste plus se faire soigner sans atteindre des sommes folles à l’américaine. Et c’est inquiétant, très inquiétant. Parce que les gens s’appauvrissent et tout ce qui était acquis en termes de gratuité fout le camp. Et on est trop occupés à se taper dessus les uns les autres pour s’en rendre compte réellement.

C’était prévisible…

Aujourd’hui c’est encore une journée « coup dur » pour les nouvelles, puisque même si on s’en doutait, on a eu confirmation de plusieurs choses et ça met un coup au moral.

En ayant assez de se taire, mon homme a voulu accélérer la procédure qui consistait à passer par un mec plus haut gradé que le directeur pour lui parler de mon cas et mettre en avant la loi : sauf que le gars en question a pris le parti du directeur et refusé de me prendre pour la même raison. En prime, il s’est permis de faire une leçon de morale à mon homme, qui a pris un avertissement pour rébellion car il l’a envoyé paître.

Lui comme moi, on se demande comment on peut dire d’un ton détaché qu’on refuse d’embaucher un conjoint pour des raisons de « conflits d’intérêts » alors que dans cette entreprise il y a un nombre incalculables de cas de familles entières à différents grades ou de conjoints haut placés tandis que le deuxième bosse en magasin.

Mais du coup, le linge sale ayant été lavé en public, mon maigre espoir de réembauche ne serait-ce qu’en CDD est mort et enterré. Là aussi d’ailleurs c’est débile, on autorise l’embauche du conjoint en CDD mais pas en CDI… alors que si vraiment ça pose problème, les problèmes intrinsèques au couple n’attendent pas le changement de contrat pour se manifester…

Malgré tout, j’ai pris un rendez-vous aux prud’hommes pour me renseigner et voir s’il est possible d’attaquer Monoprix pour discrimination à la situation familiale. Je n’ai rendez-vous qu’en février mais la personne que j’ai eue au téléphone m’a dit que l’espoir était de toute façon maigre : pour faire valoir la discrimination, il faut prouver que l’on me refuse le contrat à cause du fait que je sois en couple avec un autre employé du magasin ; en soi l’entreprise peut très bien donner n’importe quelle autre excuse et ça passera. Il faut des preuves écrites, et plusieurs, pour attaquer sous cet angle.

Je possède une capture d’écran de sms échangés entre mon homme et le directeur à ce sujet, mais du coup, rien pour les 6 ans de discrimination, je ne pourrai pas faire valoir la durée. Les refus ont toujours été oraux bien évidemment, donc il n’y a aucune preuve. Il pourrait éventuellement y avoir les témoignages de mes anciens collègues mais encore faudrait-il qu’ils acceptent de témoigner contre leur propre entreprise, avec le risque de représailles que ça implique. Et ça, je ne pense pas pouvoir compter dessus. Je ne peux faire valoir que mes maigres preuves contre le magasin actuel de mon homme, et encore ce n’est même pas dit que ça passe. Les entreprises qui pratiquent la discrimination aux couples sont malheureusement discrètes car elles savent très bien que c’est illégal (alors que c’est ultra répandu de refuser les couples). C’est d’ailleurs la raison pour laquelle cette clause n’est pas inscrite sur la fameuse convention collective qu’on me brandit en rempart pour justifier ces refus répétés.

Le pire dans tout ça, c’est que comme on a donné raison au directeur en public, il en profite maintenant pour faire son malin. Du moins il essaie. Il s’est vanté auprès de mon homme de ne jamais avoir eu l’intention de me donner ce CDI après mon CDD. Il m’a juste embauchée pour que mon homme arrête de l’emmerder et continue son bon travail sans rien dire. Ensuite, il lui a donné l’espoir de ma réembauche après le confinement pour éviter toute rébellion ou baisse de la qualité du travail de mon homme… pour ensuite mieux le poignarder dans le dos. Il lui a même dit qu’il n’en avait rien à foutre que le magasin ferme car il voulait être muté pour déménager et que ce n’était pas possible tant que le magasin est ouvert. En effet, même s’il n’a pas dit les choses comme ça, il sait que c’est à cause de sa très mauvaise réputation qu’on ne lui accordera jamais. Le gars avait tellement tout planifié que j’ai l’impression d’avoir affaire à un méchant de série B… et le pire c’est qu’il est intouchable grâce à sa sœur.

Après ces derniers temps plus ça allait plus je me doutais qu’il n’avait pas l’intention de me réembaucher. Connaissant l’animal et son relationnel catastrophique couplé à sa tendance à pratiquer le « diviser pour mieux régner » et son hypocrisie, ça devenait évident. Je n’avais pas envie de l’admettre parce que c’était ma meilleure chance d’embauche, vu qu’actuellement j’ai juste droit à des refus deux minutes après avoir postulé (merci les bots !).

J’ai juste vraiment la haine, parce qu’il y a de très grandes chances pour que l’injustice reste injuste et que je n’obtienne jamais réparation ou ne serait-ce qu’un peu de baume. 6 ans de discrimination impunie, 6 ans d’espoirs vains, 6 ans à déprimer dans mon coin et à pleurer en silence à chaque fois qu’un gros naze était embauché à ma place, 6 ans à faire mes preuves à de multiples postes différents tout ça pour rien… ben ça fait pas plaisir.

Même si je peux comprendre certains des arguments des anti-couples dans l’entreprise, je continue de trouver ça débile de se priver d’un très bon employé juste pour cette raison. Surtout que ça se base sur une généralité comme quoi les séparations sont toujours houleuses alors que non, ou qu’il y a une certaine forme de favoritisme alors que… bah dans l’entreprise concernée pas besoin d’être en couple pour puer le favoritisme à des kilomètres. En plus dans notre cas à mon homme et moi c’est plutôt l’inverse : je suis loin d’être favorisée puisqu’étant le meilleur élément je me récupère tout le boulot chiant supplémentaire. Tu parles d’un conflit d’intérêt ! Mon intérêt serait plutôt de rester au minimum syndical comme les autres !

Bref, j’imagine que c’est un débat sans fin car il y a de bons arguments pour et contre ; cependant ce sont des arguments qui ne tiennent pas compte des cas particuliers et du contexte de l’entreprise. Ce genre de « problème » devrait être étudié au cas par cas car on ne peut pas mettre tous les couples dans le même panier. Et surtout venir parler de conflits d’intérêt quand l’entreprise possède une plate-forme des talents regroupant majoritairement des membres de la famille des salariés et consistant à les placer… c’est juste hypocrite.

En attendant évidemment c’est encore moi qui reste sur le bas-côté de la route menant au monde du travail. J’ai beau avoir l’habitude, ça fait toujours aussi mal à chaque fois.

Réussir à perdre du poids

C’est un article assez différent de d’habitude que je poste aujourd’hui.

Il faut savoir que dans ma vie, j’ai souvent pris des traitements lourds, qui font grossir, mais n’étant pas une grande préoccupée de mon apparence, tant que je ne ressemblais pas à une baleine échouée je laissais pisser.

Encore aujourd’hui je ne ressemble pas à une baleine, même si j’ai des rondeurs, on ne devine pas à mon apparence que je suis en surpoids. C’est d’ailleurs souvent une surprise lors de mes bilans médicaux, les médecins ne s’attendent pas à ce poids avec mon gabarit.

Je me préoccupe si peu de mon poids que l’achat d’une balance pour me peser est très récent. Je l’ai achetée après la mort d’Hélia, pour voir à quel point le yo-yo avait été violent lorsque je suis passée de 3 semaines à presque rien manger à une alimentation normale de nouveau. Et là ce fut le coup de massue… presque 70kg alors que je fais 1m62.

Je n’en suis pas à un stade dramatique, mais je suis en surpoids, clairement. J’étais persuadée de faire 60kg à tout péter, du coup ça fait mal, forcément. Je pèse autant que mon homme qui fait 20cm de plus et est tout filiforme.

Du coup j’ai décidé de me prendre en main. J’ai toujours mon vélo d’appartement, mon homme a ses petites haltères et j’ai acheté le Ring Fit qui est vraiment sympa pour se bouger sans en avoir l’impression.

La reprise de l’exercice a été violente, avec plusieurs claquages malgré l’échauffement, du coup ça a surtout été des séances entrecoupées de pauses parce que j’avais trop mal pour faire du sport.

J’ai aussi été fouiner du côté de l’alimentation, car j’ai beaucoup pris les mauvaises habitudes de mon homme qui mange essentiellement sucré, et j’ai tout rééquilibré, en m’accordant un petit cheat meal par semaine pour éviter les craquages de frustration, car je me connais.

Le gros problème que j’ai avec l’alimentation, c’est que pour avoir une alimentation saine, il faut acheter des ingrédients frais et se bouger le cul en cuisine. Sauf que je DÉTESTE cuisiner. Mais genre vraiment, ça me saoule à l’infini. Et en plus de ça je suis hyper mauvaise, même en suivant scrupuleusement les recettes je me foire et ça fait des plats dégueulasses. Du coup je me contente de recettes simples, avec peu d’ingrédients, mais même comme ça mon assiette est fade. Du coup je retombe vite dans mes travers de plats tout préparés qui sont bien moins frustrants à avaler mais aussi beaucoup plus sucrés et salés.

Pourtant j’ai fait des efforts, j’ai laissé la frustration m’envahir devant mes plats dégueu sans céder, et pourtant… eh bien rien.

Des mois d’efforts en sport et au niveau alimentaire, tout ça pour absolument rien. Je fais 69kg. J’ai donc perdu un seul putain de kilo en plusieurs mois. Et encore parfois je le reprends. Si je veux perdre 10 à 15kg, à ce rythme j’en ai pour plusieurs années. Et je l’ai mauvaise, ce n’est vraiment pas encourageant. Parfois je suis contente car j’ai perdu, mais le lendemain lors de la pesée à jeûn eh bien j’ai tout repris.

C’est d’autant plus frustrant qu’hier, devant les résultats de ma radio des lombaires (80e la radio… se soigner c’est pour les riches), la médecin qui m’a donné les clichés m’a dit que mon problème de disques était encore léger et pouvait se régler par une perte de poids significative. Le tout accompagné d’un regard dégoûté de femme cinquantenaire toute fine qui me juge bien sévèrement ><

Je n’imagine même pas ce que doivent subir les personnes obèses dans le milieu médical, si déjà moi avec mon léger surpoids je me prends des réflexions et des regards comme ça.

L’idéal serait sans doute d’être accompagnée d’une nutritionniste ou/et d’une coach sportive (oui je parle au féminin, parce que je préfère être suivie par des femmes), qui connaisse les limites dues à mes handicaps et qui puisse m’aider à me faire un programme efficace. Mais n’ayant pas retrouvé de travail, je n’ai pas les moyens de m’en payer pour le moment. Je pense que je peux éventuellement me serrer la ceinture pour quelques mois de suivi, mais une bonne alimentation coûte cher, alors si en plus je rajoute ça…

Et puis surtout j’aimerais savoir pourquoi mon propre programme n’a pas marché. Je doute que ce soit le cheat meal par semaine qui ait provoqué cet échec, parce qu’il ne s’agit pas d’un cheat meal avec lequel je me bourre jusqu’à la crise de foie… c’est généralement un burger ou une petite raclette. Que généralement j’élimine aussi sec avec le vélo ou le ring fit.

Je sais que je tiens de mon père au niveau du poids, c’était un « petit gros » qui prenait très facilement, là où ma mère est une grande perche toute maigre qui ne prend pas un gramme même en mangeant n’importe comment. Mais est-ce que ça veut dire que je ne perdrai jamais ces kilos pris ?

En tous cas, si vous connaissez une bonne nutritionniste en ligne qui ne réclame pas de vendre un rein pour quelques mois de suivi, je n’ai rien contre (on m’a parlé de Feeling Food mais c’est un peu cher) ! Je trouverai bien un moyen de la payer en sacrifiant mon livre mensuel.

Ce n’était donc pas un test

En cette belle (non) journée qui clôture le mois de septembre, j’ai finalement reçu une lettre qui me confirme que l’entretien complètement barré que j’ai eu à la Préfecture n’était pas un test mais bel et bien la réalité : je suis refusée ! Bon l’histoire du test je n’y croyais vraiment pas, je n’aurais pas passé quasiment une heure d’entretien qui tenait plus de la torture qu’autre chose pour qu’on m’annonce à la finale que tout ceci n’était que du pipeau juste pour voir si je savais tenir la pression. Je sentais bien que je faisais mauvaise impression.

Je suis évidemment un peu dégoûtée, mais je ne le prends pas si mal : au moins maintenant, si je dois repostuler un jour dans la fonction publique, je saurai qu’il faut que je m’attende à tout sauf à un entretien classique en rapport avec le poste. Et si quelqu’un passe par ici en se demandant comment se passe un entretien dans la fonction publique, eh bien voici mes conclusions : potasse absolument TOUT. Je n’ai pas eu l’impression d’être traitée comme une externe, les recruteuses s’attendaient vraiment à ce que je sache tout et pas seulement sur le poste convoité : sur la fonction publique en général, sur le mode d’élection des préfets, sur la manière dont fonctionne une préfecture, son rôle auprès de la population… j’ai eu des questions sur TOUT. Et ce n’était que l’entretien de sélection !

Du coup le maigre espoir est mort et je suis de nouveau dans les méandres de la recherche d’emploi, sachant que depuis le déconfinement, les offres que je croise sont encore plus précaires qu’avant : toujours des contrats courts voir très courts, très peu de CDI ou alors dans des domaines archi-spécifiques. J’en suis rendue à postuler pour faire des sondages à la sortie de Carrefour avec ma tablette, même si honnêtement pour ce genre de job j’espère surtout ne pas être rappelée ça ne vaut pas le coup ><

J’ai eu également l’immense plaisir (non) de me bloquer le dos la semaine dernière, ce qui forcément rend les déplacements assez compliqués. En voyant que ça ne s’arrangeait pas, j’ai été voir mon médecin habituel… qui une fois de plus ne m’a pas examinée ni rien mais m’a prescrit du…doliprane (spoiler alert : j’ai toujours mal). Il a fallu que j’insiste un peu pour avoir une radio, en espérant qu’elle montre quelque chose, mais j’ai bon espoir vu que la douleur n’a diminué qu’un petit peu. Je voulais aussi renouveler mon ALD, ce qui a donné lieu a un dialogue assez surréaliste qui résume bien ce médecin :

Médecin : Ah mais voyez avec la pharmacie pour mettre votre carte à jour !

Moi : Non mais en fait l’ALD ça se renouvelle avec vous, je dois remplir un document avec vous pour l’envoyer à l’assurance maladie.

Médecin : Oui mais avant vous devez mettre votre carte à jour.

Moi : Elle est déjà à jour, je dois remplir le papier avec vous…

Médecin : Eh bien vous la remettrez à jour. Et ensuite vous revenez me voir. Allez ça fera 25 euros.

Du coup, forcément, je n’ai pas pu renouveler mon ALD ! Si seulement c’était à vie comme avant, je ne suis pas prête de guérir de ma maladie et je trouve ça ridicule de remplir un document disant que non, je n’ai pas guéri miraculeusement alors continuez le peu de remboursements qu’il est possible d’obtenir merci beaucoup !

J’ai également été contactée pour faire une prise de sang dans le cadre d’une étude sur l’immunité au Covid-19… et je n’ai plus aucune immunité à l’heure actuelle, ce qui fait que théoriquement je peux l’attraper de nouveau. Sachant que j’ai cru mourir pendant ces longs mois de maladie, j’aimerais éviter… surtout vu l’absence de prise en charge dans cette région ! La personne que j’ai eue au téléphone m’a cependant dit que j’étais une des rares à ne plus avoir du tout d’immunité, dans l’ensemble la plupart des gens sont encore immunisés. Mais comme j’ai un système immunitaire faible de base, j’imagine que ça devait arriver.

Une note plus positive cependant, j’ai été contactée pour recevoir mon premier livre en service de presse ! Vu mon nombre assez faible de lecteurs (globalement c’est toujours le même cercle) je ne pensais pas que ça arriverait un jour, mais c’est arrivé ! Du coup je vais sûrement chroniquer le tome 2 de cette saga sur mon blog littéraire et sur Babelio 😀

Je suis toute contente et ça m’a fait tout drôle, même si ce n’est qu’un livre c’est la première fois que je suis démarchée sérieusement (je l’ai été une fois pour un livre en e-book, mais étant incapable de lire trop longtemps sur le PC je renonce aux ebooks car je ne les finis jamais) et c’est flatteur, ça veut dire que mes chroniques plaisent, même si généralement ce sont les articles les moins lus et les moins commentés !

Bref, comme dirait Guenièvre, on est pas sortis du sable !

Se projeter dans une région pauvre en emplois

(ben quoi ? ^^)

S’il y a bien une chose que j’ai comprise depuis que je suis dans cette région, c’est que l’emploi, ce n’est pas trop ça. Ce n’est pas la région la plus déserte de France, mais on en est pas loin non plus (surtout au niveau médical). C’est d’ailleurs sans doute pour ça que Pôle Emploi n’est pas non plus trop chiant en matière de flicage. Je suis loin du minimum requis en termes de candidatures tant il n’y a rien, et on ne me dit rien. Après n’étant pas au RSA, le flicage est plus léger, forcément.

Il y a des offres mais dans des secteurs inadaptés à mon handicap comme l’industrie lourde, les usines à la chaîne… et aussi des offres plus accessibles, mais dans des zones commerciales faiblement desservies et je n’ai pas de voiture. Et pour qu’un co-voiturage soit envisageable avec des collègues, encore faudrait-il passer l’étape de l’embauche : un recruteur qui voit que j’habite loin sans permis B ne va pas aller chercher bien loin et balancer mon CV dans la corbeille. Je pourrais aussi candidater à certaines offres mais elles nécessitent un ou plusieurs CACES, et comme beaucoup de boîtes d’intérim ont déjà payé le CACES à pas mal de monde, je ne suis pas prioritaire sur ces offres.

Et dans l’administratif, il y a quelques offres, mais souvent très spécifiques, et presque toujours avec de la comptabilité et/ou paye. Et elles sont trèèèèès rapidement pourvues, forcément. Je me souviens encore du salon pour l’emploi des personnes handicapées avec tous ces CV blindés d’expérience en administratif, j’ai de la concurrence très rude. Et je n’ai aucun diplôme spécifique à l’administration genre BTS CG ou BTS Gestion de la PME. Ce n’est pas ma petite expérience de 6 mois dans un service courrier qui va changer la donne à ce niveau. Certains ont plus de 10 ans d’expérience et sont au chômage.

Et à moins que mon article précédent fasse un gros bad buzz à l’enseigne qui me permettrait de récupérer le CDI promis en mars, je ne pourrai pas me faire réembaucher à Monoprix.

Du coup il me reste mon projet de BTS en alternance pour décrocher un nouveau diplôme, et de l’expérience professionnelle au passage. J’y ai beaucoup réfléchi, et je pense que le passer à distance avec le CNED ne serait pas pertinent. L’expérience professionnelle est trop importante. Depuis plusieurs années la tendance est à demander de plus en plus d’expérience pour le moindre petit poste en bas de l’échelle, alors passer un diplôme sans alternance serait suicidaire, surtout quand on sait que beaucoup de recruteurs considèrent qu’un stage ne compte pas comme expérience pro (après, certains recruteurs considèrent aussi l’apprentissage comme ne comptant pas, mais là je ne sais plus quoi faire xD).

J’envisageais le BTS Notariat pour combiner intérêt et débouchés, mais le problème c’est que si je veux être notaire et non larbin de notaire, il me faudra bien plus qu’un BTS, j’en ai pour au moins 5 ans. Et se contenter du BTS Notariat pour être assistante ou whatever ne serait pas un bon plan car les débouchés sont loin d’être bons avec ce seul diplôme. Et je ne veux pas passer plus de deux ans dans une reprise d’études. J’ai passé l’âge.

Il me reste donc le BTS CG (Compta-Gestion), ou éventuellement le BTS Gestion de la PME. Je peux le passer en un an avec le Greta, et éventuellement enchaîner sur la Licence pro comptabilité et paye histoire de bien marquer le coup. C’est envisageable, mais j’avoue que j’ai un peu peur de la montagne de travail que demanderait un BTS passé en un an au lieu de deux. Surtout en alternance. Passer d’un coup du chômage longue durée à ça… je ne suis pas sûre d’en être capable physiquement parlant. Intellectuellement parlant ça devrait aller, mais j’ai peur que mon foutu corps toujours malade quand il ne faut pas ne suive pas la cadence.

J’ai malgré tout écrit au Greta, de nouveau, avec une autre adresse mail au cas ou je me suis faite blacklister suite aux récents événements (peu probable mais on ne sait jamais), pour leur demander les dates de début de la prochaine session, qui normalement débutera en fin d’année 2021. S’ils répondent rapidement je pourrai me faire une idée de combien de temps j’ai pour me préparer, comment voir le programme en avance tant que j’ai du temps libre pour étaler le travail…

J’ai vraiment envie de faire cette formation en alternance parce que je n’ai rien d’autre, en fait. J’ai peur que la reprise d’études ne soit mon seul moyen de retrouver du travail et un semblant de vie active. Car en soi les offres d’emploi accessibles à mon handicap sont submergées de candidatures à tel point que je ne suis presque jamais recontactée, ne serait-ce que pour un entretien téléphonique.

Selon la réponse du Greta, je vais peut-être envisager de prendre une année d’avance sur le BTS avec le CNED, pour ne pas être débordée. Qui plus est, un stage sera un point positif à faire valoir auprès du Greta pour qu’ils acceptent ma candidature. En alternance, le Greta est gratuit, donc je n’aurai pas besoin de payer deux fois pour ma formation, juste une, et j’y gagnerai un stage au passage. Il faudra juste que je carbure sur la partie concernant la deuxième année de BTS. Et ensuite, parvenir à trouver une place en licence pro : par chance, un IUT de la ville fait passer cette licence en alternance. Il faudra juste espérer que ce sera toujours le cas dans deux ans. Cette période un peu troublée ne permet pas de se projeter de façon sûre.

En plus, même si on adore notre appartement dans cette ville, mon homme est à deux doigts du burn-out, entre la surcharge de travail monstrueuse qu’il accumule depuis des mois en raison du sous-effectif et le fait que le directeur ne veuille pas me reprendre alors que j’aurais dû signer un CDI fin mars. J’ai bien peur qu’il ne pète une énorme durite au travail lorsque le directeur reviendra de son congé, et du coup, ça pue pour son poste. Si mon homme doit se retrouver avec un énième type à former qui sera moins bon que moi et qui ne restera pas (non parce que la grande distribution c’est alimentaire plus qu’autre chose, c’est rare que les gens ne soient pas de passage en attendant mieux) ça va le trigger.

Et si mon homme se fait virer, on ne restera clairement pas dans cette ville qui cumule désert médical et désert niveau emplois. Si on part ailleurs, j’aurai peut-être d’autres opportunités ; mais en attendant je dois faire avec ce que j’ai ici, à savoir malheureusement pas grand chose.

En soi je vous rassure, je ne crois pas à un miracle avec cette histoire de BTS : je sais très bien que ça ne changera rien au fait que je serai en concurrence avec des nanas qui ont bien plus d’expérience que moi, ou de meilleurs CVs. Mais l’alternance m’intéresse car ça me fait un salaire, donc de l’argent, garanti pendant deux ans, l’année du BTS et l’année de la Licence Pro. Il me semble qu’à mon âge en alternance je suis censée être payée au niveau d’un SMIC normal, donc c’est toujours ça de pris, même si ça signifie un retour à la case départ après le diplôme. Au moins j’aurai plus d’offres auxquelles postuler, ce sera toujours ça pour avoir la paix auprès de Pôle Emploi : il y a toujours au moins une offre de comptable par jour qui paraît. Et avec un peu (beaucoup beaucoup) de chance, peut-être qu’une de mes candidatures aboutira !

Bref, j’attends surtout la réponse du Greta pour m’organiser, et voir ensuite comment financer le CNED.

C’est l’histoire d’une énième déception professionnelle

J’ai beau me raisonner, me dire à chaque fois que c’est inutile d’espérer ou de faire des plans sur la comète avec cette entreprise, j’ai toujours cette petite étincelle d’optimisme qui persiste et me dit qu’il n’y a pas de raison, que j’ai mes chances, et que cette fois c’est la bonne.

Et puis, j’en ai marre de taire le nom de cette entreprise à cause de laquelle j’ai déprimé sévèrement tant de fois. Vous saviez que mon premier contrat chez Monoprix, c’était en septembre 2014 ? Six ans, six putain d’années qu’on me fait le coup, plusieurs fois par an, de me faire miroiter un CDD longue durée ou un CDI pour finalement me le faire passer sous le nez.

Six ans que je fais mes preuves, petit CDD par petit CDD, que je ne déçois jamais, qu’on loue ma force de travail malgré mon handicap, mais qu’on me ferme la porte au nez. Avec le motif claqué au sol du « pas de couples dans l’entreprise ».

Un motif particulièrement hypocrite, se cachant derrière le refus du piston, alors que pourtant le pistonnage existe à grande échelle dans cette entreprise, les cadres plaçant allègrement leurs proches sans qu’on ne leur dise rien. Le directeur du magasin dans lequel est mon conjoint actuellement a même sa sœur au siège, sœur qui d’ailleurs a réussi à le maintenir à son poste malgré quelques événements pour lesquels il aurait dû être viré. Mais bon le coup du piston pas bien, ça ne marche pas pour tout le monde hein !

Cette année, je n’ai jamais été aussi proche d’y avoir enfin un CDI. Mon homme a gueulé pour que j’aie une chance, et j’ai eu l’occasion de faire mes preuves, si bien que même mes collègues m’ont avoué qu’ils ne s’attendaient pas à une telle force de travail vu mon gabarit. Mais le Covid a fait son entrée, les CDD ont été virés, et depuis j’attendais que l’enseigne embauche de nouveau pour récupérer mon dû. Oui, mon dû. Parce que j’ai montré qu’être en couple au sein du même magasin ne posait pas problème, parce que j’ai bossé et je me suis investie comme une dingue pour décrocher ce sésame, et la cruauté avec laquelle j’ai encore pris une porte dans la gueule me pèse encore.

Même le directeur n’était pas contre me reprendre, il y a deux semaines encore il disait à mon homme que je serai rappelée dès que la personne qui fait actuellement un abandon de poste serait virée. J’étais enthousiaste. Le poste n’est pas intéressant en soi, la boîte non plus, mais au moins dans ce milieu je suis bonne dans ce que je fais et surtout ça fait une sécurité financière.

Et puis il a changé d’avis, brusquement. D’un coup il a pris un ton dégoulinant de condescendance pour dire à mon homme que je ne serai pas reprise à cause d’un « devoir de neutralité » (????), que ce n’était pas discutable et point barre. Alors que même les collègues réclament mon retour, parce que ça les arrange bien, avec ma vitesse de travail c’est moi qui récupérerais le travail supplémentaire, donc forcément…

Et il ne veut pas s’expliquer sur les raisons de ce revirement. Il se contente de garder son ton condescendant en disant qu’il espère que mon homme comprenne, ce qui n’est pas prêt d’arriver : l’équipe est en sous-effectif depuis des mois (ils tournent à 3 ou 4 au lieu de 6), il y a à disposition une personne compétente, déjà formée et efficace, mais le directeur ne veut pas la prendre pour une raison claquée et demande à mon homme de former une nouvelle personne. De former une nouvelle personne alors qu’il n’y a déjà pas le temps de faire tout ce qui est à faire. Comment comprendre une telle décision ?

Il refuse également l’idée d’un nouveau CDD. Et honnêtement je vous avoue qu’être reprise en CDD, ça me ferait profondément chier. Être en CDD ça veut dire passer à côté de tous les avantages, toutes les primes (dans l’enseigne les CDD n’ont pas eu la prime Covid, car ils ont été virés avant qu’elle soit versée et ils ont ajouté une condition de date pour la toucher, malins les mecs). Donc ça voudrait dire qu’en étant investie plus que les autres je passerais à côté de tout, d’autant plus que je fais mes putain de preuves dans cette putain d’enseigne depuis six putain d’années. Oui je suis toujours vulgaire. Mais c’est mérité.

Donc là, je vous avoue, je suis… je ne sais même pas ce que je ressens. De la rage, de la déception, de la haine. Tout de suite, là, j’ai envie de porter plainte contre Monoprix pour discrimination sexiste, puisqu’ils refusent de m’embaucher malgré mes capacités juste parce que je suis la copine de quelqu’un. Je pense honnêtement que ça ne mènerait pas à grand chose, je doute que ça passe devant un tribunal.

Mais ça reste injuste. Des couples se forment au sein des magasins, on fait quoi dans ce cas, on en vire un des deux ? Et quid du cas de mon directeur dont la sœur au siège couvre les frasques ? Avec un membre de la famille dans les hautes sphères, il y a de potentiels problèmes de partialité là aussi et pourtant ça se fait ! Alors pourquoi casser les couilles depuis six ans pour un couple au sein du même magasin alors que ça s’est toujours bien passé ? Ce genre de problématique devrait être traitée au cas par cas, un couple d’ados ou de jeunes adultes n’a pas la même attitude qu’un couple de trentenaires ensemble depuis près de 10 ans et qui a déjà montré sa maturité au travail.

Rien que les couples qui se forment au sein du magasin rendent cette clause de convention collective caduque. On ne peut pas mettre tout le monde dans le même sac : il est évident que tout le monde ne réagit pas pareil à une rupture, et toutes les ruptures ne sont pas violentes ou mauvaises. Bosser avec son ex, certains en sont capables et d’autres non. Et dans le pire des cas, si une rupture avec mon conjoint s’envisageait et se passait mal, je pourrais très bien passer dans l’autre équipe au lieu de rester en alimentaire et ainsi on ne se fréquenterait même plus !

Honnêtement je commence à me demander si j’aurais vraiment signé mon CDI sans ce virus. A l’époque le directeur ne semblait pas contre, mais il est si lunatique qu’aujourd’hui je me pose la question. Et moi j’en ai marre d’être le dindon de la farce, celle qui est compétente mais qu’on laisse comme un chien attaché sur le bord d’une autoroute pour partir en vacances. J’ai 30 ans, j’ai besoin de stabilité et pas d’être la bouche-trou qu’on appelle en petit CDD parce qu’on n’a pas le choix mais à qui on refuse le CDI pour embaucher des personnes moins compétentes derrière.

J’ai assisté à de nombreuses embauches en CDI dans l’ancien magasin de mon homme, des gens qui bossaient moins bien que moi et les supérieurs le savaient. Vous imaginez à quel point c’est frustrant, à quel point ça plombe la confiance en soi, d’assister à ça à de multiples reprises ? De voir des recruteurs qui savent que vous êtes meilleure donner ce précieux sésame à des gens qui ne le méritent pas ou le méritent moins que vous ? Vous imaginez le nombre de dépressions profondes que j’ai traversées à cause de ça, ne comprenant pas pourquoi j’étais toujours la laissée pour compte ?

Vous imaginez comment je me sens, actuellement, en sachant que ce précieux sésame va encore revenir à quelqu’un d’autre ? Alors même que mes anciens collègues me demandent toujours quand est-ce que je reviens à chaque fois que je vais faire une course au magasin ou que je viens voir mon homme ? Ces petits « Ben alors c’est quand qu’on te revoit ? » qui sont comme de multiples coups de poignard qui me rappellent ces six années de frustration et de dépression. Six années à accepter des CDD, à montrer mes compétences pour voir les autres récolter le fruit de mon travail. Je suis sûrement le plus gros pigeon de Monoprix.

Monoprix, Monoprix, Monoprix, si vous saviez à quel point je vous déteste pour ça. S’il était possible de me venger je le ferais. Mais là, je n’ai plus qu’à retourner lécher mes plaies pour la millième fois. Ça devient une habitude après tout. Cacher mes émotions et faire comme si de rien était pour garder bonne figure et continuer de chercher vainement ailleurs.

Un entretien désastreux

J’attendais cet entretien à la Préfecture depuis un moment, heureuse d’avoir été pré-sélectionnée, mais malheureusement, il faut croire que j’étais trop rouillée… l’entretien a été tellement désastreux que j’étais à deux doigts de pleurer en sortant.

Pourtant je m’étais renseignée sur le poste, bien comme il fallait sur le site de la Préfecture, je m’étais préparée psychologiquement et tout… bon, je n’avais eu aucune réponse suite à mon appel à témoignages/infos sur Twitter (je ne sais pas pourquoi j’espère encore, ce réseau ne fonctionne que pour les autres) mais j’ai passé outre et je me suis renseignée seule, comme je pouvais. Je n’y connais absolument rien de base à la fonction publique ou sur la manière dont fonctionnent les organismes d’Etat, donc je n’ai qu’internet ou les autres employés pour me renseigner dessus.

J’ai fait ce que j’ai pu et une fois sur place… eh bien j’avais tout faux ! J’avais tout noté de la fiche de poste du site, mais apparemment ça n’avait rien à voir… car mon département est une exception administrative, donc le poste n’est pas tout à fait pareil et j’ai des fonctions supplémentaires. Fonctions qui n’étaient absolument pas détaillées sur le site de la Préfecture de mon département, mais la personne qui m’a reçue m’a assuré que si tout du long. J’ai vérifié en rentrant, et non.

Déjà quand je suis arrivée, j’ai commencé à perdre en confiance, entre mon arrivée en avance qui a bien fait chier le portier qui me l’a fait comprendre, les canapés crasseux d’avant-guerre sur lesquels on devait attendre… et moi qui m’était emmerdée à chiner une tenue correcte pour l’entretien, tout ça pour voir arriver une femme en boubou jaune fluo tout taché à qui on a rien dit ! -_-

Trois groupes de femmes faisaient passer les entretiens, deux qui avaient l’air sympa, et un dont les deux femmes paraissaient aussi sympathiques que des gardiennes de prison ; évidemment, ce sont les gardiennes de prison qui m’ont faite passer, sinon ce ne serait pas drôle (vous la sentez frapper petit à petit ma poisse légendaire ?).

Déjà dès le début de l’entretien j’ai su que j’étais rouillée, trop perdu l’habitude en en décrochant si peu d’entretiens : j’ai mis du temps avant de trouver une diction fluide et assurée, et les taulières s’en ont aperçues, celle en face de moi l’a bien noté. C’est assez compliqué de présenter sous un beau jour mon parcours si faible, et de devoir répondre aux questions inquisitrices sur la raison pour laquelle mes contrats n’ont pas duré, surtout celui dans l’administratif. La taulière blonde, la plus hargneuse des deux, m’a carrément sorti qu’elle ne me croyait pas lorsque je lui ai expliqué le problème de ma chef qui fumait et vapotait dans les locaux. Comme c’est illégal, dans l’imaginaire idéal de cette femme, elle aurait dû être sanctionnée et basta. Si seulement !

Du coup, quand tu es de base peu assurée et que ta recruteuse de sort qu’elle te prend pour une mythomane, ça commence bien. Mais ce n’était pas fini, parce que la suite de l’entretien je l’ai subie plus qu’autre chose. 45 minutes de torture.

Ont commencé les questions, et je me suis retrouvée avec deux femmes qui me mitraillaient de questions hyper pointues sur le fonctionnement d’une Préfecture, sur la fonction publique, etc. Si j’ai des connaissances d’ordre général dans le domaine, je suis loin d’être calée, et ma prise de renseignements portait surtout sur le poste et le service convoités. Les questions étaient si précises que je me suis demandé un instant si ces femmes n’avaient pas oublié que j’étais une externe ; je suis d’accord sur le fait que je suis censée savoir où je mets les pieds mais là, j’étais complètement perdue, en PLS, et chaque mauvaise réponse était soigneusement notée. Sans parler des réflexions comme quoi je m’étais mal renseignée et que je n’y connaissais rien… j’ai sauvé le strict minimum car je connaissais le nom de quelques personnalités et que j’avais connaissance de quelques arrêtés préfectoraux récents mais là bizarrement les femmes elle ne notaient pas quand je répondais juste -_-

A chaque question mon cerveau lâchait prise de plus en plus, comprenant très vite que c’était mort, entre les réflexions et les réponses fausses. Pourtant on a été jusqu’au bout de l’entretien, j’ai retenu ma rage et mon envie de pleurer, j’ai essayé de m’accrocher un max pour laisser paraître ce qui me restait de sérieux et de dignité, mais je n’ai vraiment pas eu l’impression de convaincre les taulières. D’autant plus qu’avec le stress et la panique qui montaient…. j’ai oublié bon nombre d’informations que je connaissais par cœur, donc bon nombre de questions auxquelles j’aurais pu répondre.

Et je ne vous parle même pas de mon orgueil qui a pris un sacré coup tant j’ai eu l’impression de passer pour une idiote, entre mes renseignements faux ou incomplets et leur attitude pas très encourageante.

C’est dommage parce qu’au vu de la description du poste, je suis sûre que je serais capable de le tenir, le temps d’ingurgiter tous les règlements et compagnie. Je ne pense pas non plus que ce soit complètement mort, peut-être que cette montagne de questions pointues était un test pour voir si j’étais capable de paraître assurée malgré tout et ma résistance au stress, dans ce cas ça devrait être bon, mais je n’ai pas eu l’impression d’être testée, plutôt jugée.

J’espère me tromper, après avec beaucoup de chance peut-être que les autres candidats étaient tellement incompétents que je serai prise quand même, ou que j’aurai quand même une place pour la seconde vague d’éliminations. J’ai pu montrer un certain esprit de déduction et de la curiosité qui ont peut-être marqué les taulières, je ne sais pas. Mais je n’ai pas eu l’impression que cet entretien était placé sous le signe de la chance.

Au moins j’ai pu me dérouiller un peu et j’ai appris quelques trucs : je ne sors pas totalement perdante. J’ai juste eu l’impression de ne pas avoir été à la hauteur.